Histoire de loteries vidéo dans les bars au Québec
Il y aura de moins en moins de loteries vidéo dans les bars du Québec: d’ici l’an prochain, les tenanciers qui ont quatre appareils ou moins vont les perdre tandis que ceux qui en ont cinq et plus vont les garder.
TVA a appris que des tenanciers auraient payé des pots-de-vin pour conserver leurs machines.
Loto-Québec le confirme, mais précise que ses employés ne sont pas concernés.
«On a découvert que c’était un employé d’un fournisseur, qui a été congédié d’ailleurs, qui faisait ça de sa propre initiative», soutient Jean-Pierre Roy, de Loto-Québec. Comme il n’avait pas de pouvoir, l’employé du sous-traitant aurait extorqué de l’argent sous de fausses promesses. Les tenanciers ont donc payé des pots-de-vin sans voir la couleur de leurs nouvelles machines. Une deuxième enquête a aussi permis d’identifier un autre malfaiteur.
«Il y a un citoyen qui approchait les propriétaires de bars et qui leur demandait, dans certains cas, un montant d’argent et un pourcentage de revenu» en échange d’un cinquième appareil, explique M. Roy.
Depuis le 31 mars 2004, dans le cadre du plan de retrait des appareils de loterie pour lutter contre le jeu pathologique, le gouvernement interdit l’octroi ou le déplacement d’appareils. Le directeur de la filiale Loterie Vidéo a d’ailleurs été congédié, notamment parce qu’il aurait permis à un tenancier d’acquérir un nouvel appareil, ce que nie toutefois l’ancien cadre.
À Trois-Rivières, Luc Tousignant, propriétaire d’un bar qui va perdre ses appareils, vient d’ailleurs de déposer une poursuite contre Loto-Québec.
«On veut qu’une enquête soit faite là-dessus, que toute la vérité sorte parce qu’on a des raisons de croire qu’il y a certains tenanciers qui ont bénéficié d’informations privilégiées et qui ont obtenu des appareils pour leur permettre, justement, d’échapper au plan de retrait forcé», affirme M. Tousignant.
Plus de 600 propriétaires de bar vont perdre leurs appareils en 2007. Ils vont recevoir une compensation financière qu’ils jugent bien mince. L’objectif de contrer le jeu pathologique est louable, disent-ils, mais ce qui l’est moins, c’est que des tenanciers échappent au plan de retrait alors que d’autres risquent de tout perdre.

